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03 Dec
03Dec

Et Jacob dit, etc. C'est pourquoi j'ai vu ton visage comme si j'avais vu le visage de Dieu, et j'ai été guéri (33:10).


La question se pose alors : comment Jacob a-t-il comparé la vision du visage d'Ésaü à celle du visage de Dieu ? Rabbi Yonatan Eybshitz, que Dieu l'agrée, explique que pour Ésaü, cela était considéré comme un grand éloge, mais que telle n'était certainement pas l'intention de Jacob. Comme l'ont dit les Sages (Megillah 28) : « Il est interdit de regarder le visage d'un méchant. » De même qu'il est interdit de fixer du regard le président et les prêtres pendant leur bénédiction, car la Présence divine repose sur eux, et qu'un bref regard seulement est permis, de même Jacob ne regarda Ésaü qu'avec ses yeux, afin de ne pas enfreindre l'interdiction de regarder le visage d'un méchant.


On raconte une histoire extraordinaire au sujet du Maharil Diskin, de mémoire bénie ! Comme chacun sait, le Maharil lutta de toutes ses forces contre les intellectuels qui, par orgueil, avaient réussi à faire tomber de nombreux martyrs Haredim pour la cause de Dieu. Sans la moindre limite à leur audace et à leur perversité, ils répandirent une calomnie malveillante à son encontre et l'accusèrent de vol. La police, saisissant cette occasion unique d'arrêter un rabbin juif renommé, ne tarda pas à se retrouver derrière les barreaux, en attente de son procès. Naturellement, les membres de la communauté ne restèrent pas les bras croisés et obtinrent les services du plus grand avocat de Russie, un Juif assimilé, pour représenter le rabbin devant le tribunal. L'avocat se rendit à la prison pour rencontrer le rabbin accusé, mais durant toute la durée de l'entretien, le Maharil Diskin, le visage baissé, répondit ainsi aux questions de son interlocuteur. À la fin de la réunion, l'avocat, ne pouvant contenir son étonnement, demanda : « Votre Honneur, pourquoi ne me regardez-vous pas ? » Et le Maharil répondit fermement : « Parce qu'il est interdit de regarder le visage d'une personne malfaisante. »


Lors du procès, l'avocat commença ainsi : « Monsieur le Juge, je voudrais d'abord vous présenter l'homme qui va comparaître devant vous : cet homme sait que sa vie est entre mes mains et que j'ai le pouvoir de le juger, d'une manière ou d'une autre. Pourtant, il n'a pas osé me regarder, car il est interdit de croiser le regard d'un homme mauvais ! Est-il possible, Monsieur le Juge, qu'un homme aussi juste soit un voleur ?! »… Ses paroles marquèrent profondément l'assistance, et ce fut l'une des raisons pour lesquelles le juge acquitta le rabbin…


Dvar Torah par le rabbin Moshe Klein, directeur de l'école Torah Neve Zvi.

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